Quand Psy et coach se rencontrent, comment passer de l’adversité à la conscience?

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Par Olivier Masselot

Je vais vous avouer une chose : jusqu’il y a presque 2 ans, j’avais un sentiment un peu moqueur pour les psys – psychanalystes, psychiatres, psychothérapeutes, psychologues… En fait, je n’avais pas vraiment idée de ce qui les différenciait et je les mettais tous dans un même panier… J’aimais bien raconter cette métaphore : « Quand quelque chose dysfonctionne chez une personne, le coach prend la poubelle et la met dehors et le psy ouvre la poubelle pour regarder ce qui sent mauvais… » Réducteur n’est-ce pas ?

Pour vous en dire plus, j’imaginais le psy freudien, barbu de préférence et vêtu d’un costume sombre, assis silencieux à côté de son patient allongé sur un canapé, écoutant des heures durant un monologue encombré tout en prenant des notes, recherchant à tout prix l’œdipe ou je ne sais quel trouble sexuel, le tout dans une image noire et blanc poussiéreuse digne des dinosaures de l’accompagnement.

Lors de ma formation de coach, on avait bien tenté de me montrer les limites du coaching et de la psychothérapie, tout en précisant que ces limites sont  floues et sans m’en dire beaucoup plus sur le modèle psychothérapeutique. J’étais sensé, en cas de blocage dans mon coaching, déléguer mon client à un psy qui saurait alors aller fouiller la poubelle pour aider mon client à… à quoi en fait ?

Bref, je vous ai dépeint en trois paragraphes, tout en y rajoutant quelques couches d’humour noir aussi, mon ignorance complète pour cet aspect pourtant fondamental de l’accompagnement de l’être humain…

Qu’est-ce qui fait que je suis passé de ce sentiment simpliste à une vision globale, holistique et complémentaire de ces deux pratiques perçues comme divergentes et dont les protagonistes se critiquent bien volontiers tout en évitant de mieux se connaître ? Une rencontre, et pas n’importe laquelle puisque cette personne – Armelle Epineau Chance – est devenue ma compagne de vie.

Un changement radical de point de vue …

Armelle-Olivier-ObservateurJe vous imagine penser que c’est ‘à cause de cela’ que j’ai changé d’avis ; mon mental a bogué par amour et me prive de tout discernement,  ma perception s’en trouve altérée et mon ressenti anesthésié par des phéromones tenaces qui annihilent toute possibilité de libre arbitre ? Eh bien non, pas du tout… Il nous a fallu plusieurs mois d’échanges verbaux, de désaccords et d’explications enflammées pour, avant tout, mieux nous comprendre et mieux assimiler nos approches et différences respectives.

Mais par-dessus tout, dans une apothéose qui désamorce tout processus de compréhension mentale et de positionnement territorial, c’est l’intégration dans la pratique de nos deux approches lors d’un séminaire de 6 jours intitulé « l’Observateur » qui a fini de sceller et réconcilier nos points de vue, de bouleverser nos croyances ainsi que celles, parfois bien tenaces, des belles personnes qui y participaient…

Armelle avait un avantage sur moi : elle connaissait la PNL et avait intégré une approche dynamique dans ses outils, tandis que ma pauvre personne en était restée à ces clichés figés, persuadée que seule l’approche coaching était ‘efficace’ – ceux qui me connaissent savent à quel point ce mot résonne chez moi…

Mais trêve d’anecdotes, passons maintenant à une description sommaire de ces deux approches et laissez-moi vous expliquer en quoi j’y vois désormais une complémentarité qui s’inscrit dans le ‘Un’, cet aspect divin et fondamental sans lequel mon travail n’aurait aucun sens…

Si je devais caricaturer, je dirais que le psy étudie la famille et l’environnement, tandis que le coach regarde l’objectif. L’un se tourne vers le passé, l’enfance, et l’autre regarde le futur, la réalisation de l’être humain…

L’approche psy : la famille avant tout

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Lors de ses toutes premières années, un enfant a besoin, vous vous en doutez, de sécurité, sa mère et de son père ayant des fonctions archétypales bien différentes : la mère donne la vie, accueille, nourrit, câline, tandis que le père coupe le lien à la mère et accompagne l’enfant dans le monde.

Dans cet idéal familial, l’enfant grandit en toute confiance ; il se sait protégé sans être enfermé, expérimente et découvre le monde sous la bienveillance de son père. Le futur adulte a tout loisir de cultiver sa confiance et son estime de lui et peut s’inscrire dans la réalité et jouir de ses expériences de vie tout en affirmant son individualité…

Mais – il y a un ‘mais’ – vous savez comme moi que dans une famille, tout se transmet, et plus particulièrement les comportements des parents envers leurs enfants. Dès lors, en imitant ses propres parents, la mère peut devenir surprotectrice ou intrusive – ‘incestuelle’ en est le terme exact – ou, à l’opposé, abandonnique… Le père peut pour sa part être tout à fait tyrannique et despote ou, à l’opposé, absent…

Alors l’enfant souffre ; il souffre sans en savoir la cause. Puisqu’il ne connaît rien d’autre, il considère l’attitude de ses parents comme ‘normale’ et dans la relation d’amour qu’il vit, ne sait rien faire d’autre que de se sentir coupable, déduire que c’est lui-même qui, pour telle ou telle raison, a généré leurs agissements et conduites.

Je vous laisse imaginer les peurs d’adultes d’une petite fille dont le père est absent et la mère intrusive ou du petit garçon qui s’est fait brimer par son père et dont la mère ne dit rien… Le manque de confiance et d’estime de soi est le plus grand pourvoyeur de clients et patients pour les thérapeutes de tout genre…

L’approche coach : l’objectif avant tout

coachLe processus de coaching simplifié pourrait se résumer en un mot : GROW qui, en anglais, signifie grandir. G pour Goal (l’objectif), R pour Reality (l’exploration de la réalité), O pour Options (les options pour aller vers l’objectif) et W pour Willingness (l’enthousiasme et la bonne volonté pour avancer vers l’objectif, avec un plan d’action – Who, Where, What, When, ou encore, Quoi, Où, Comment, avec Qui…)

La première question dans une séance de coaching porte donc sur l’objectif : à quoi veux-tu arriver à la fin de notre entrevue ? C’est donc le client qui fixe son but. S’il n’en a pas, le coach l’aide à en trouver un, explore la réalité, pose des diagnostics qu’il vérifie, étudie les options, aide à faire un choix et à sortir de la ‘zone de confort’ (les habitudes) pour faire les premiers pas vers l’objectif… C’est simple, précis, clair, efficace et relativement rapide puisque tout coach digne de ce nom refusera qu’un accompagnement se prolonge au-delà de 10 séances…

Simple et efficace ? Mais alors, pourquoi ça coince ?

C’est là que la limite du coaching ou de toute thérapie uniquement cognitive intervient. Si les prises de conscience – premiers sauts quantiques vers une nouvelle réalité – ne sont pas suivies d’effet, c’est qu’il y a en l’adulte qui nous sollicite un enfant abimé. Alors, la complémentarité avec la psychothérapie prend toute sa dimension, et ce d’autant plus lorsqu’il y a un cerveau abimé (dans les cas notamment de tendances schizophréniques qui peuvent nécessiter un traitement médical à vie.)

Mais avant d’en arriver à de tels extrêmes, je pense en écrivant ‘pourquoi ça coince’ aux personnes (30 à 50% des participants en développement personnel) qui, soit se mettent en résistance par rapport aux outils proposés par le formateur, soit se démotivent rapidement après le stage et n’utilisent pas les outils qu’elles ont pourtant intégrés…

Ma compréhension sur ce qui se passe change du tout au tout quand je vois à travers elles l’enfant abimé et l’évidence se fait alors : le coaching fonctionne particulièrement bien avec des individus sains ou peu impactés par une attitude parentale négative… environ 70% des cas…

Unir deux approches pour parvenir à la conscience

alchimieDans le stage de l’Observateur dont je vous ai parlé (cf. la vidéo ci-dessous), il est évident que l’approche d’Armelle a permis de découvrir, observer et contacter cet enfant qui n’ose s’inscrire dans la réalité. Elle a permis de contacter les peurs de l’enfance, d’aller plonger dans le ‘fumier alchimique’ de notre psyché pour en faire jaillir l’or du Graal, la graine de réalisation de chaque individu présent et conscient de qui il est et de qui il veut être.

En combinant l’approche cognitive et comportementale des neurosciences avec l’approche émotionnelle et psychosomatique de la thérapie, le mental des participants n’avait d’autre échappatoire ni d’autre choix que d’admettre. Admettre qu’effectivement, des conditionnements de tout ordre avaient généré des comportements souvent inconscients et inadaptés à la croissance personnelle et à l’épanouissement de chacun…

Alors l’évidence se fait : l’homme et la femme maintenant conscients savent que la vie leur appartient et à eux seuls. Ils savent que leurs pensées, paroles et surtout actions leur permettent désormais de devenir véritablement uniques, magnifiques et exceptionnels, Auteurs de leur vie quelle que soit la direction qu’ils lui donnent…

Alors les larmes arrivent parce que tout simplement, rien n’est plus beau qu’une personne qui touche à l’éveil, qui tout à coup comprend qu’elle était à la fois si proche et si loin de se (re)connaître ainsi, qui contacte sa toute-puissance dans une humilité profonde et s’ouvre à l’autre, dans une cocréation magnifique d’un monde qui ne demande que l’Amour…

Alors merci à la Vie de permettre de tels moments… Merci à tous ceux qui participent sans le savoir à nous faire grandir.

Ce n’est que dans l’adversité que l’homme grandit dit-on. C’est dans l’Amour qu’il s’épanouit. Puissions-nous désormais être conscients que nos enfants méritent infiniment plus d’amour que de punition

Et vous, comment voyez-vous votre chemin dans la vie ?

Quels obstacles inconscients avez-vous pu mettre à jour ?

Merci de vos commentaires que j’aurai toujours grand plaisir à lire !

Très belle journée à vous

Olivier Masselot

Auteur de NeuroQuantis, modèle d’épanouissement de l’individu dans l’organisation – (éditions courrier du livre)

Traducteur et représentant francophone de Transurfing, best seller international de Vadim Zeland (éditions Exergue)

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