L’effet de la méditation profonde sur la respiration et le cœur

Andreas MametPar Andreas Mamet
Traduction par Olivier Vinet
Avant de commencer ma formation de cinq ans avec Osho à Poona en 1976, j’ai eu la chance de suivre trois ans d’entraînement et de discipline avec un yogi du nom de Mahindra, à partir de 1972. Il m’a formé aux méthodes traditionnelles strictement indiennes que sont les asanas, pranayamas, mudras et bandhas. Il m’a également enseigné les mantras et surtout, la méditation Kriya.
Après avoir commencé cette formation yogique, j’ai remarqué que des changements très positifs se produisaient très rapidement, et en 1974, une chose était claire : une grande révolution était en marche et allait empêcher tout retour à mon ancienne vie.
Chaque jour, je passais plusieurs heures à pratiquer et à me former. Quand j’avais terminé les disciplines préliminaires, je m’asseyais et pratiquais la méditation Kriya.
C’est au cours de cette pratique que j’ai remarqué que ma respiration semblait réellement ralentir quelque peu, ce qui arrivait fréquemment. Je m’y suis donc habitué.
Mais un jour, dans ma méditation Kriya, les choses ont particulièrement bien tourné. La respiration a ralenti, le calme s’est installé. Au bout d’un certain temps, j’ai eu l’impression de ne plus du tout ressentir le corps. C’est alors que j’ai remarqué que la respiration devenait de plus en plus lente et notamment que l’écart entre l’expiration et l’inspiration devenait de plus en plus conséquent. Cela paraissait plutôt naturel, jusqu’à ce que je remarque que la respiration voulait en quelque sorte s’arrêter, ce qui s’est d’ailleurs véritablement produit peu après pendant une période qui m’a paru longue, peut-être une minute.
Quand je suis allé à Poona, ce genre d’expérience s’est poursuivi. Toutefois, mes efforts méditatifs se sont grandement amplifiés. En général, j’ai médité de cinq à six heures par jour pendant ces cinq années, dont deux heures quotidiennes en présence directe d’Osho. Il était d’ailleurs fréquent que durant ces deux heures se produisent des ouvertures de l’Espace intérieur extrêmement inhabituelles.
     oshoL’ashram à Poona était totalement voué à la pratique intense de la méditation. Une fois par mois, il y avait une retraite de méditation qui durait dix jours. Voici à quoi ressemblaient alors mes journées :
6h – 7h : Méditation dynamique
8h – 10h : Conférence d’Osho
10h30 – 12h : Danse soufie
16h – 17h : Méditation Nadabrahma
17h30 – 18h30 : Méditation Kundalini
19h – 20h : Méditation Gourishankar
20h30 – 22h : Groupe musical du soir (merveilleux chants et danses)
En général, j’ai beaucoup de mal à faire comprendre l’ambiance incroyable de l’ashram. C’était un champ de transformation de nature électrisante. Il suffisait d’entrer dedans pour décoller.
Il n’est donc pas surprenant, au beau milieu d’un tel climat, qu’un soir, après m’être couché, j’ai découvert que tandis que mon corps dormait, j’étais dans un état lucide. J’ai alors vu une grande lumière blanche descendre dans le corps et en le touchant, la respiration s’est arrêtée, le cœur aussi. Mais pour une raison ou une autre, le corps ne mourut pas ; il semblait au contraire qu’il était désormais relié à une Source de Vitalité universelle qui ne nécessitait ni oxygène ni pulsation cardiaque.
Plus tard, j’en ai parlé à Osho  qui m’a répondu qu’en méditation profonde, ce genre de phénomène est possible.
En fait, dans de nombreux écrits yogiques, on trouve communément le terme d’« état sans respiration » pour indiquer que de la méditation, on passe à l’état de Samâdhi.
Par conséquent, s’il se passe dans votre vie quelque chose à vous couper le souffle, pas d’inquiétude. Réjouissez-vous !
Andreas Mamet

One Response so far.

  1. San says:

    Bonjour, merci pour ce témoignage.
    Je lis justement en relation avec cette expérience, “Autobiographie d’un yogi” (8€40 “j’ai lu”) de Paramahansa Yogananda qui y décrit très précisément ce phénomène d’arrêt de la respiration et du cœur.

    Petit extrait page 296:
    “Le Kriyâ yoga est une méthode psycho-physiologique simple permettant d’éliminer le carbone du sang et de recharger ce dernier d’oxygène. Les atomes d’oxygène en excès se transmuent en un courant vital qui régénère le système nerveux cérébro-spinal. Le yogi peut ralentir, ou même prévenir, le vieillissement des tissus en arrêtant l’accumulation du sang veineux; les yogis avancés transforment leurs cellules en énergie pure…”

    Il cite également la Bhagavad Gîtâ:
    “Offrant le souffle inspiré dans le souffle expiré et offrant le souffle expiré dans le souffle inspiré, le yogi neutralise les deux souffles; de la sorte, il libère le prana du cœur et prend la force vitale sous son contrôle.”
    Yogananda : ” L’interprétation en est : “Le yogi arrête la décomposition corporelle en calmant l’action du cœur et des poumons; il arrête aussi, par le contrôle de l’apana (courant d’élimination), les mutations de croissance dans le corps. Neutralisant ainsi décomposition et croissance, le yogi apprend à contrôler la force vitale”

    Je pense utile de préciser qu’il prescrit une pratique du kriyâ yoga encadrée par un maître “autorisé”.

    Autre mise en garde inintéressante :
    “Le Kriya yoga n’a rien de commun avec les méthodes respiratoires non scientifiques enseignées par nombre de zélateurs égarés. Leurs tentatives de retenir de force le souffle dans les poumons sont, non seulement contraires à la nature, mais aussi parfaitement désagréables. D’autre part, le kriya s’accompagne, dès le début, d’un état de parfaite sérénité, et l’on sent une force régénératrice couler le long de l’épine dorsale.”

    Je vous renvoie à la lecture de cet ouvrage qui vaut la peine car c’est un témoignage précieux de l’enseignement authentique du kriya yoga.
    Bien à vous.
    San