La Présence

Par Phari

ahoraÊtre présent, le moment présent, la Présence… Tous ceux qui suivent un chemin spirituel ont sûrement déjà entendu ces mots et notions, et ce à raison, car derrière transparaît le but même du chemin.

En une phrase : « Si je suis présent, je vis le moment présent et si je vis le moment présent, j’invite, je rends possible l’expérience de la Présence (ou l’état de Présence) qui est pure Grâce. »

Mais tout d’abord que signifie « être présent » ?

Tout simplement être entièrement dans le moment de vie.

 Pour celui qui est présent, la vie occupe tout l’espace, sans retrait mental, et l’intensité est grande.
Les formes de vie animales connaissent bien cela. Pour elles, être incarné signifie être présent.

 Tout est vécu avec intensité.

 Et en même temps l’expérience de la Présence demeure voilée à travers elles.

 Autrement dit, la grâce de la Présence est vécue par la vie animale comme intensité d’expériences et d’émotions.

 Ce qui est bien !

 Mais l’humain est la forme de vie permettant le plein dévoilement de la Présence, la pure Grâce.

 Encore lui faut-il être présent.

 Car la société moderne a développé une capacité unique couper l’humain de sa base de vie , à le rendre absent.

 Absent parJe-souffre-de-ruminations-mentales_imagePanoramique500_220ce que pris par des forces inconscientes, par des rêves intérieurs ou plutôt par des cauchemars intérieurs.

 Absent parce qu’happé par la nébuleuse mentalo-émotionnelle et ses puissantes mémoires inconscientes.

 Pour la plupart, l’existence est vécue à travers un incessant enchaînement de pensées, une sarabande effrénée qui coupe de la capacité naturelle à être présent.

 Dans cet état d’absence, il est impossible de vivre le moment présent et encore moins la Présence.

 La Présence passe par le corps. La Présence, je la définirais comme la capacité de permettre à la lumière de la source de rayonner à travers le corps.

 Oui c’est cela la Présence, un rayonnement de vie lumineux, bienveillant, paisible, un rayonnement qui nous emplit du sentiment de grâce, qui sature toutes les cellules du corps, et qui fait que nous nous sentons bien sans aucune raison extérieures, simplement parce que c’est là.

En ce sens la Présence est le but du chemin.
Et aussi le départ d’un autre chemin, celui de la plénitude.

Ce rayonnement de la Présence passe donc par le corps tout entier et trois centres sont particulièrement marquants : la tête, le cœur et la région du nombril (appelé « hara » au Japon).

Dans les exercices de rayonnement de la Présence, nous apprenons à nous centrer essentiellement sur le cœur en lien avec le hara et nous oublions la tête (qui a besoin de repos !).

Vivre la Présence, c’est en un sens redevenir un animal, mais un animal éclairé, un animal spirituel.

Vivre la Présence, c’est retrouver la grâce et la fluidité du règne animal tout en baignant dans la lumière de l’âme.

Dans l’état de Présence, tout est fluide, tout est jaillissement naturel et lumineux, sans aucune interférence du mental humain. Le mental n’a pas disparu, il est à sa juste place d’instrument de planification et d’exécution de ce qui est directement perçu par le cœur.

La Présence ramène à l’évidence, à la simplicité, à l’unité.

La Présence brise le concept de séparation du corps et de l’esprit.

Pourquoi alors cette vieille croyance qui crée l’amalgame entre la chair et le péché ?

Le corps est soumis à la loi de dualité. Sa tendance est de suivre ce qu’il estime bon pour lui, c’est-à-dire satisfaire ses besoins vitaux et ses désirs. Cette tendance est nécessaire à la survie mais elle peut se révéler conflictuelle avec la vérité de l’âme.

Le corps doit donc apprendre à aimer et suivre cette vérité en apparence contraire à ses besoins et élans.

 Cela ne s’obtient pas en niant le corps ou en faisant un ennemi. Une certaine discipline reste certes requise, mais c’est surtout la grâce de la Présence qui convertir le corps. Car la grâce vécue par le corps dans l’état de Présence est incomparable et surpasse largement le plaisir lié à la satisfaction des besoins et élans corporels.

Bien plus que dompter le corps, il s’agit donc de faire grandir la Présence.

Alors comment se vit la Présence ?

Déjà comme non absence. Cela signifie ne pas être enfermé dans la tête, ne pas réagir au monde

qui nous environne sous l’influence de visions erronées, de visions déformées par des mémoires inconscientes.

Être présent, c’est donc déjà être absent à l’enfermement inconscient, au mental qui tourne, à la folie ordinaire en quelque sorte ! Et c’est être présent au corps, à la lumière et la grâce qui animent la vie, et particulièrement aux autres. Sans voile, sans déformation égotique.

Et qu’est-ce que cela donne au final ?

libreCela donne un soleil qui rayonne.

Quand tout vous est déjà offert à travers le rayonnement de la Présence, votre rapport au monde change totalement. Vous n’avez pas besoin de vous affirmer, de vous imposer, d’avoir raison, de briller aux yeux des autres, vous êtes la Présence qui rayonne, et non plus l’ego qui se veut rayonnant. A partir de là, vous pouvez être totalement présent au monde, à l’autre, et vous partagez la grâce de la vie. Sans attente, sans artifice.

Merci de ce partage.

En union de cœur.

Phari

 

3 Responses so far.

  1. Phari, bonjour, je suis bouleversée de toute cette grâce qui vous laissez passer au travers de vos écrits, et aussi les mots que vous utilisez si simplement et aussi efficacement. Vous m’ avez à nouveau emmener vers ce lieu de La Présence qui m’avait échappé ces derniers temps! merci merci d’être.
    chaleureusement
    Francisca,
    ce blog va beaucoup m’aider !

  2. Million Francoise says:

    Phari, Tu redis si bien ici ce que tu m’as dit il y a des années, ce que tu as écris dans ton livre, et ce que tu prouves au travers de ta présence à toi. Merci pour cette grâce que tu partages si généreusement, Merci pour cette vérité de coeur et d’âme, Merci d’en montrer le chemin.

  3. Cher Phari,
    Je suis bien heureuse de vous retrouver ici et sur ce thème : être dans le présent.

    La chose est simple et pourtant, il m’a fallu tant d’années pour arriver là !

    Parfois je parle à d’autres personnes et je me rends compte qu’il y a trop de
    « mots », que je lutte pour me faire comprendre. Alors, je me recentre sur le présent, sur ma présence, je pars dans un autre monde… Et je vois l’autre me rejoindre. Il est là, apaisé et d’un coup, dans le silence, il comprend enfin ce que je m’évertuais à « dire ».

    Lorsque nous sommes dans le présent, que l’Ego est mis de côté, une sorte de perfection émane de nous, bondit vers l’autre et l’attrape en vol. Deux êtres merveilleux s’accouplent alors en rondes spirituelles.

    Faut-il être « prêt » pour entendre cela, « prêt » pour l’intégrer ? Qu’en dites-vous ?

    Est-ce une attitude, un comportement, que l’on pourrait recommander aux gens d’appliquer, comme ça, aussi simplement que ça, et qui « marcherait », sans travail préalable ?

    Cher Phari, il y a quelques phrases particulièrement touchantes dans votre texte
    Par exemple celle-ci : “Être présent, c’est donc déjà être absent à l’enfermement inconscient, au mental qui tourne, à la folie ordinaire en quelque sorte ! Et c’est être présent au corps, à la lumière et la grâce qui animent la vie, et particulièrement aux autres. Sans voile, sans déformation égotique”.

    Merci pour ce beau partage
    Dominique (French Life Coach)