De quoi avons-nous faim ? Temoignage

luz_interiorPendant l’occupation allemande j’ai découvert la sous alimentation avec la
peur et l’angoisse et la haine jusqu’en Aout 44… Je suis juif d’origine et j’ai vécu 2 ans avec une fausse carte d’identité me rajeunissant et les nombreux contrôles lors de mes déplacements étaient des épreuves angoissantes. Ceci dit en passant merci à ceux de la police française qui ont pris les risques de ces cartes.
Je reviendrai sur cette période de 14 à 18 ans que j’ai revécu l’ultérieurement pendant le processus de 21 jours que j’ai fait pour vivre de prana selon les conseils de Jasmuheen en Août 2000… En janvier 2014, je débuterai 89ème année.
Après la période de restrictions, je m’engage dans la Marine, Et là pendant les 6 premiers mois je
mange à ma faim et je rattrape un retard dans mon développement physique. En Août 44, à 18 ans je mesure 1m65 et je pèse 52Kg… Après 6 mois du nouveau régime en Afrique du Nord, je grandis de 7cm et mon poids augmente de 12Kgs. Ainsi s’est ancrée en moi la croyance que c’était la période de sous-alimentation précédente qui avait retardé mon développement.
La guerre est terminée avec l’Allemagne, mon engagement a perdu son sens et lorsque je suis enfin démobilisé je continue ma vie avec toutes les compensations affectives qui sont liées aux bols de croyances entretenues dans le système actuel : Fumer, alcool, viande, argent… En 1948 je fume 2 paquets de cigarettes américaines par jour et je bois du whisky.
Les décennies suivantes avec ma recherche spirituelle puis mes responsabilités de père avec une
famille de 4 enfants, je commence peu à peu à lâcher tout cela. Je continue une pratique corporelle, les 5 ans de pratique du kyudo m’ont profondément marqué. Je deviens végétarien puis végétalien…Puis arrive le grand choc de ma vie, en 1972 avec la perte de ma première fille.…
Aujourd’hui je me nourris « d’énergie consciente » à 90 %, ce qu’on appelle en Inde le Prana, au
japon le Ki, dans certaines tribus amérindiennes le mana… la conscience change la valeur de l’énergie dont nous nous nourrissons, elle varie avec nos propres croyances… cela se répercute sur notre mode de vie.
Je vois dans la crise actuelle un grand espoir pour l’humanité … La vie de Satprem me touche profondément et parmi ses ouvrages : “le mental des cellules » et « Shri Aurobindo ou l’aventure de la Conscience » : « Toute Pensée vivante est un monde en préparation », disait-il et encore : « L’homme est un être en transition ».
Nous avons eu l’Homme de Cro Magnon, le Néanderthal, maintenant c’est l’Homo Sapiens, ce dernier a fini son temps et le Nouveau se profile au travers de l’espèce actuelle et la crise est beaucoup plus profonde qu’économique et politique. Un autre humain est en cours au travers de ceux qui se transforment et de nouveaux enfants nous sommes en crise de croissance… Un Autre vient avec une conscience plus vaste, un Autre respectant le Vivant avec Amour…
Cela commence avec l’envie de vivre sans éprouver le besoin de prendre ou détruire d’autres vies… Cette nouvelle manière de percevoir le sens de notre vie dérange ceux qui s’accrochent aux hypothèses scientifiques des quatre cents dernières années qui précèdent la naissance de la physique quantique.
En 1999, pour mon anniversaire, ma deuxième fille Meyriem m’offre le livre : « Vivre de Lumière ». Jasmuheen, une femme australienne, vit de prana depuis plusieurs dizaines d’années, elle partage dans ce livre son chemin et propose un processus de 21 jours pour parvenir à ce mode de fonctionnement. Ce processus précéde d’une période crudivore se terminant avant le processus avec des jus de fruit et légumes…
Je décide de le vivre.
Rappelons que pendant trois semaines on en mange pas, la deuxième et la troisième, on peut boire, mais la première, je ne suis pas prêt de l’oublier, c’est sans manger et sans boire !
Dans la médecine conventionnelle, on apprend que si à la fois vous ne mangez pas et vous ne buvez pas pendant quatre jours, vous mourrez et c’est vrai, si vous adhérez à cette croyance.
Mais si vous n’y croyez pas cela cesse d’être vrai !
Cabo de Gata 630Autrement dit en faire l’expérience est une conversion, une lutte contre la pression de l’ancienne croyance et une grande libération : ce sont nos propres croyances qui nous limitent…
Depuis notre naissance nous sommes plongés immédiatement dans le bol de croyances de ceux qui nous accueillent… Sortons de nos peurs que nous ont légué inconsciemment nos parents pris eux-mêmes dedans.

Malgré l’épreuve, cette expérience est un cadeau de ma vie, c’est une nouvelle libération en connexion avec celle d’août 1944 … Comme précisé plus haut aux restrictions sous l’occupation : Je pensais que si je n’avais pas évolué suivant les normes, c’était dû à cette période de 4 ans de mon adolescence où j’avais été sous alimenté…
Il se trouve qu’au début de la préparation crudivore, précédant le processus de 21 jours, je pesais aux environs de 72Kg et au début du processus, je pesais 65Kg et au bout de la première semaine, je suis descendu à 52K, le poids que j’avais avant la libération de 44 à 18 ans… Cette coïncidence de poids me révéle une synchronicité.
En 1944, l’angoisse et la peur, la haine des allemands me rendaient incapable de vivre toute la joie de ce moment là, avec l’arrivée de la 2ème DB, je l’ai découvert dans la nuit blanche que j’ai vécue du 4èmè au 5ème jour du processus… Tous les airs qu’on chantait au moment de la libération, me sont remontés en Août 2000… « C’est une fleur de Paris »…etc. Je les ai chantés cette nuit là… Mais je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ces remontées de mémoire et me vient une grande révélation…
Je prends conscience autrement du problème de la faim dans le monde… Je découvre que si je n’avais pleinement grandi ou évolué, cela n’était pas dû en premier à la sous-alimentation, mais à la peur, l’angoisse et la haine… Je suis d’origine juive et je vivais avec une fausse carte d’identité…
Je remets en cause les croyances entretenues autour de la faim. Lorsqu’on manipule une population pour qu’elle survive dans la peur, l’angoisse, la haine, elle n’est pas en mesure de trouver ses solutions pour résoudre les problèmes de la faim avec ses moyens. Toutes ses forces disponibles pour évoluer sont investies dans la défense et la survie…
Je sais aujourd’hui que la faim n’est pas qu’un problème physique, économique et politique c’est aussi spirituel : une question de conscience et d’amour…
D’un certain point de vue, je pense que l’on peut même concevoir la nourriture actuelle des
occidentaux comme pouvant être une drogue gérée par une économie destructive au service d’un petit nombre orienté sur le profit.
J’arrête le 34ème jour : Depuis la troisième semaine, je ne me sens plus aussi pleinement accompagné.
J’avais promis à ma fille Meyriem que nous irions nager avec les dauphins dans la mer Rouge après une fois le processus terminé et la date pour prendre l’avion approchait.
Je décide de me nourrir à nouveau pour être en état de prendre l’avion sans risques. Je redeviens
végétarien en gardant en moi l’envie de recommencer mais en me préparant autrement…
A fin 2006, Meyriem empreinte à une amie pour moi, le livre Transparence II de Reine Claire et Gaal, édition Ariane… le langage québécois de Reine Claire me parle avec le vécu qu’elle partage… Reine
Claire se nourrit de Prana depuis 1996. Je prends contact et je découvre avec elle un autre processus moins violent sans les premiers 8 jours sans manger et sans boire…
Reine Claire m’invite à découvrir « le yoga des voyelles » avec le pouvoir des sons et la respiration
cellulaire consciente. Avec elle j’apprends à me nourrir de prana avant de lâcher la nourriture concrète… Le monde est davantage orienté sur le « manger », alors que sans entraînement nous tenons quelques jours sans manger, alors que sans respirer cela ne dure pas un quart d’heure ! Et nous respirons aussi par tous les pores de la peau… Quelqu’un qui a été brûlé sur une surface importante de son corps, étouffe…
Après une nouvelle préparation crudivore pendant laquelle j’ai la preuve que je peux me nourrir de
prana sur la bascule, après aussi avoir commencé à respirer autrement et après avoir constaté ma résistance, j’ai recommencé le 19 Avril 2007 lors d’un stage avec Reine Claire.
Depuis la fin 2010 sort le film « Lumière » de Arthur Peter Straubinger ». C’est seulement depuis la
sortie de ce film que je me déclare en public. Je me sens bien et je remercie la Vie et je suis heureux de partager avec ceux qui cherchent…

Alain Cornély